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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Petit cours de philosophie - Chapitre II - La méthode en philosophie

La méthode en philosophieLa philosophie n’est pas simplement un énoncé qui s’apprend. Il ne s’agit pas non plus d’une matière, comme l’histoire et la géographie par exemple, qui se livrerait exclusivement sous forme de faits ou de données. La philosophie dépasse l’information en se caractérisant comme un apprentissage de la pensée autonome, dont l’objectif est de distinguer ce qui est réel de ce qui ne l’est pas, de comprendre cette réalité ainsi discernée et d’agir en conséquence. Le philosophe ambitionne l’approche de la vérité et pour ce faire, il lui faut une méthode.


L’observation, le premier axe de la méthode en philosophie


Il faut du contenu à la philosophie pour qu’elle se pratique. L’observation se charge de lui en fournir. Le philosophe ne peut saisir ce qui peut-être est réel qu’à travers l’expérience, le vécu. Il lui faut être témoin de ce qui se passe, de l’existant. Ce témoignage peut être indirect avec cependant le risque d’un biais interprétatif. La perception est en effet ce qui me rapproche le plus du monde, mais il est impossible à chacun d’être partout. La philosophie s’appuie aisément sur l’observation directe, mais elle n’exclut pas la restitution. Ce serait en effet se priver de points de vue en refusant tout échange.

Concernant ce premier axe de la méthode en philosophie, deux conceptions sont opposables. La première considère la vérité comme inscrite dans un au-delà et qui se révèle à celui qui sait contempler. Cette approche transcendantale privilégie la contemplation à l’observation. La seconde idée, matérialiste, qualifie la vérité d’immanente, présente dans chaque chose. Observer est donc plus requis pour cette deuxième voie. Ce qui réunit cependant ces deux pensées, c’est le danger de l’illusion. Platon à ce propos avertit avec force l’individu de ne pas être uniquement spectateur, car qui nous garantit que ce qui se présente devant nous n’est pas le fruit d’une manipulation ou d’un prosélytisme actif. Cet avertissement justifie ainsi le second principe de la méthode en philosophie.


En complément de l’observation, la question


La philosophie n’est pas qu’affaire de contradictions. La question est un moyen d’investigation pour saisir le réel, pour trouver les liens qui conditionnent un environnement qui ne se donne jamais dans sa totalité. La perception bien souvent n’est pas suffisante pour distinguer le sens de chaque chose. Le philosophe en ne satisfaisant pas du décor s’intéresse à ce qui se trame derrière chaque apparition. Le questionnement lui permet ainsi de s’orienter vers l’intelligible et lui évite de se perdre dans des non-sens ou se laisser influencer par une projection qui ne serait qu’une mise en scène, une duperie.

Considérons qu’avec l’observation et la question, la moitié du chemin est accomplie dans la quête de vérité. Mais il ne suffit pas de poser les bonnes interrogations. Encore faut-il s’efforcer d’y répondre. Pour cela, l’analyse se détermine comme le troisième fondement de la méthode en philosophie.


Observé et questionné, le réel se plie maintenant se soumet à l’analyse


L’analyse a le souci du détail. Il s’agit d’un travail consistant à décomposer ce qui nous apparaît sous une forme globale, voire confuse. L’analyse décortique des ensembles pour mettre en évidence ce qui les composent et comprendre le rôle et le mode de fonctionnement de chacun de ces éléments qui participent à la réalisation du tout.

L’analyse peut être pratiquée de deux façons différentes :

- elle élimine ce qui ne correspond pas. Autrement dit, l’analyse fait le tri dans ce qui semble évident pour ne retenir qu’un élément, un mot, une définition caractérisant la chose analysée ;

- elle décrypte ce qui apparaît. L’analyse investit ainsi la chose dans sa globalité pour en donner une description. C’est un procédé phénoménologique, consistant à dévoiler l’essence même de chaque point du réel identifié. Cette façon de faire est surtout applicable à ce qui est subjectif, c'est-à-dire aux réalités qui n’existent que parce qu’elles sont vécues et qui donc ne peuvent être restituées que de façon personnelle. L’angoisse ou l’amour en sont des exemples. Ce sont des phénomènes bien réels pour certains parce qu’ils leur appartiennent, pour une situation donnée, alors que pour d’autres ils n’existent pas.

L’analyse, quelque soit la méthode employée, est un transfert d’une pensée brute, résultant d’une perception, vers une idée réfléchie, laquelle peut tout à fait s’écarter du sens commun dès lors que ce dernier n’est que la somme d’opinions.

 

La philosophie, employant l’observation pour trouver un objet d’étude, usant de la question pour orienter la réflexion, grâce à l’analyse qui concourt à distinguer le sens de l’objet étudié, éclaircit si elle est méthodique. Elle devient une lumière qui guide à travers la multiplicité du monde. La philosophie ne peut donc pas s’en tenir aux opinions. Elle doit aller plus loin, en privilégiant l’analyse réflexive au discours péremptoire. Philosopher est ainsi une démarche qui engage toute la personne, ce qui cependant n’exclut pas de se référer aux idées d’autrui, notamment celles produites par les grands auteurs. Leur lecture est une nourriture pour l’esprit. Elle permet d’ouvrir la pensée vers de nouvelles pistes, des horizons jusqu’alors insoupçonnés. Mais à l’inverse, il ne convient pas non plus de s’y enfermer ou de s’en tenir à professer sur des écrits illustres. Les écrits des grands auteurs sont en quelque sorte un tremplin qui élève la conscience vers des strates de réflexion auparavant vierges de toute entreprise intellectuelle.  

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