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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Les philosophes - Aristote - Lorsque l'élève s'affranchit du maître Platon

Aristote.jpgAristote, qui fût l’élève de Platon, se démarqua des penseurs de son époque sur deux points. Premièrement, son champ de réflexion fut très vaste. Il porta ses investigations sur bon nombre de sujets aussi divers les uns que les autres, s’aventurant toujours plus loin dans les contrées de la connaissance. Il lui fallût pour cela des outils, une boussole pour éviter de se perdre dans les méandres du raisonnement. Pour ce faire et poursuivre ainsi son voyage intérieur, il cultiva la logique, ce qui contribua à la deuxième caractéristique qui fît le personnage.
Aristote passa vingt ans à l’Académie, école fondée par Platon. Il s’y remarqua par son agilité intellectuelle et sa force de travail. Il suivit l’enseignement de son maître jusqu’au jour où il rompît avec la doctrine platonicienne. Aristote n’accepta plus la représentation bipolaire du monde des Idées distinguant d’un côté une réalité contenue par les hommes, et de l’autre un arrière-plan assis sur une vérité immuable et présentée comme la matrice originelle. Au contraire, pour Aristote, la vérité est une unité qui s’exprime chaque jour dans toute chose dont la substance (ce dont la chos
e est faite) et l’essence (ce pour quoi la chose existe) sont indissociables. La matière ne peut donc exister sans la forme, et inversement. Le carré par exemple n’existe qu’à la condition qu’il soit représenté par des choses carrées.
La vérité s’exprimant ainsi dans toute réalité quotidienne, l’observation est le moyen le plus approprié pour la percevoir et la raison le plus pertinent pour la qualifier. Pour cela, Aristote exploita la logique, notamment le syllogisme qui consiste à opposer deux propositions face à une inconnue avant d’aboutir à une conclusion. Cette technique nécessite cependant que le sujet de réflexion soit clairement défini, portant sur un domaine précis et unique afin d’éviter toute amalgame ou non-sens conclusif. A titre d’illustration, un syllogisme célèbre tend à la déduction suivante : « Tout ce qui est rare est cher. Or un cheval bon marché est rare. Donc un cheval bon marché est cher ». Le raisonnement est implacable et pourtant l’on conclut sur une contradiction. Ceci s’explique par le fait que dans cet exemple, deux notions sont traitées en même temps, à savoir la quantité (prix) et la qualité (valeur). Un cheval bon marché est effectivement rare (qualité) parce que son prix (quantité) est bien en-dessous de la moyenne pratiquée (quantité). Ce qui fait sa rareté (qualité), c’est le nombre de chevaux proposés à la même valeur (qualité). Dans cette optique, pour éviter toute démonstration confuse, Aristote propose pour tout être ou toute chose des attributs qui le ou la caractérisent pour ensuite réfléchir en fonction de chacune d’elles. Ces particularités qu’il qualifie de catégories sont les suivantes : la substance, la qualité, la quantité, la relation, le lieu, le temps, la situation, la possession, l’action et la passion. Il s’agit donc d’une méthodologie pour penser axée sur la raison et le cheminement logique, dont l’exploitation traversera les siècles. Certains en feront d’ailleurs un usage dogmatique et rigoriste pour constituer la scolastique, qui une fois enseignée dans les universités moyenâgeuses laissera peu de place au développement de l’imagination ni au ressenti.
Aristote se distingue également dans sa démarche par son acceptation de l’approximation. Certes, la réflexion adossée à l’observation est censée nous conduire vers la vérité, mais une part d’erreur dans nos conclusions n’est pas à exclure. Il en est ainsi, à toute règle son exception qu’il faut accepter en tant que telle pour définir bien plus des principes que des conventions prétentieusement immuables et incontestables. La politique, traitée également par Aristote, exemplifie ce constat. Il ne saurait exister de constitution idéale, tout système de gouvernement comportant des imperfections qu’il convient de reconnaître pour minimiser leurs effets dans l’intérêt de tous. Ainsi, la direction importe plus au philosophe que la précision, l’essentiel étant que le résultat soit acceptable, qu’il s’agisse d’un mode de gouvernance ou d’une démonstration. Même dans ses recherches pour tenter de trouver les causes qui selon lui sont la clef pour comprendre toute finalité, et expliquer pour ce qui nous concerne notre raison d’être, Aristote laisse un espace à l’incertitude. L’humilité doit donc accompagner l’homme qui prétend à devenir sage, tout comme la quête du savoir qui est une voie vers le bonheur ne doit pas confiner celui qui emprunte ce chemin dans l’isolement. En cela, Aristote est également un théoricien de l’équilibre, la pensée ne devant pas s’exclure de toute vie sociale, bien au contraire. La perspicacité se nourrit d’expériences et de souvenirs.

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ESF 03/11/2014 13:48

Salut, c deja qui a prit cette reponse, stp cherchez ailleurs! LOL

Matthieu pont 03/11/2014 13:47

ah ok