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Vendredi 20 avril 2012 5 20 /04 /Avr /2012 17:17

Elle est passée, et rien ne se passa, si ce n’est son apparition dont la majesté fût d’autant plus remarquable que la rue qui l’accueillait était hurlante, comme monstrueuse. Une femme passa et c’était elle, l’amour idéal, dont l’indifférence signale l’inaccessibilité. Le poète a goûté peut-être un peu de cet amour, d’un regard, mais la chose est entendue, à jamais. Cet instant est devenu éternité. Rien ne s’est passé :

 

La rue assourdissante autour de moi hurlait.

Longue, mince, en grand deuil, douleur majestueuse,

Une femme passa, d’une main fastueuse

Soulevant, balançant le feston et l’ourlet ;

 

Agile et noble, avec sa jambe de statue.

Moi, je buvais, crispé comme un extravagant,

Dans son oeil, ciel livide où germe l’ouragan,

La douceur qui fascine et le plaisir qui tue.

 

Un éclair... puis la nuit ! - Fugitive beauté

Dont le regard m’a fait soudainement renaître,

Ne te verrai-je plus que dans l’éternité?

 

Ailleurs, bien loin d’ici ! trop tard ! jamais peut-être !

Car j’ignore où tu fuis, tu ne sais où je vais,

Ô toi que j’eusse aimée, ô toi qui le savais !

Par Jefka - Publié dans : POESIES - Communauté : La commune des philosophes
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