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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le mendiant, un poème de Victor Hugo commenté...ou l'on est plus riche d'esprit que de corps

Le-mendiant-Victor-Hugo.jpgLe mendiant de Victor Hugo n’est pas le pauvre que l’on croit. Les passants ne sont pas la seule destination vers laquelle sa main se tend. Elle est aussi, et peut-être plus, une intention dirigée vers Dieu. Pauvre se dit-il, parmi les vivants, ces trop pressés qui court d’une marchandise à l’autre. Quelle ironie cependant que ce soit un âne qui les porte. L’indifférence tout générale cependant n’empêche pas la rencontre entre la rue et la charité. Accueilli pour un peu de chaleur, voilà que toute la flamme d’esprit du mendiant se révèle. Son manteau, d’ordinaire nourrissant les vers et troué de misère, avec la braise devient une constellation. Des étoiles apparaissent à celui qui a ouvert sa porte, et c’est l’infini qui entre dans sa demeure. On est plus riche d’esprit que de corps :

 

Un pauvre homme passait dans le givre et le vent.
Je cognai sur ma vitre ; il s'arrêta devant
Ma porte, que j'ouvris d'une façon civile.
Les ânes revenaient du marché de la ville,
Portant les paysans accroupis sur leurs bâts.
C'était le vieux qui vit dans une niche au bas
De la montée, et rêve, attendant, solitaire,
Un rayon du ciel triste, un liard de la terre,
Tendant les mains pour l'homme et les joignant pour Dieu.
Je lui criai : « Venez vous réchauffer un peu.
Comment vous nommez-vous ? » Il me dit : « Je me nomme
Le pauvre. » Je lui pris la main : « Entrez, brave homme. »
Et je lui fis donner une jatte de lait.
Le vieillard grelottait de froid ; il me parlait,
Et je lui répondais, pensif et sans l'entendre.
« Vos habits sont mouillés », dis-je, « il faut les étendre,
Devant la cheminée. » Il s'approcha du feu.
Son manteau, tout mangé des vers, et jadis bleu,
É talé largement sur la chaude fournaise,
Piqué de mille trous par la lueur de braise,
Couvrait l'âtre, et semblait un ciel noir étoilé.
Et, pendant qu'il séchait ce haillon désolé
D'où ruisselait la pluie et l'eau des fondrières,
Je songeais que cet homme était plein de prières,
Et je regardais, sourd à ce que nous disions,
Sa bure où je voyais des constellations.

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omni tech support 08/10/2014 11:29

As far as I know something which doesn’t kill you simply makes you stronger. That’s some very wise words from a very old wise man. He also said that introduce some anarchy into the present system then the world will be in a chaos.

Quentin-Collin Bernadette 26/02/2012 21:45

il n'est interdit a personne de commenter les textes de Victor HUGO qui appartiennent à tous, pourquoi se verbe "se mêler" ? de plus l'auteur du commentaire est peut-être un de ces "Étranges
étrangers" que citait Prévert dans le titre de cette poésie de lui soumise à votre attention et mise entre " " ou guis yeux mets pour massacrer la langue. Victor Hugo avait écrit un fort beau texte
à propos des seuls qui lui apportaient du soutien, de l'attention quand il était en prison ou enfermé, ce n'étaient pas ceux auxquels il s'attendait, mais les illettrés, les rejetés de la société
savante, et si mes souvenirs imparfaits sont bons c'était bien avant Jersey et Guernesey

Kermal 26/02/2012 21:26

Quote : Ces trop pressés qui court d'une marchandises à l'autre.

Qui se mêle d'interpréter des poèmes de Victor Hugo, prend coeur à ne pas faire de fautes si grossières.

Quentin-Collin Bernadette 25/01/2012 15:24

1000 merci pour ce poème de Victor Hugo que je ne connaissais pas.
++ bien avant j'avais pu vous connaître par le biais de votre site la philosophie pour tous y compris si l'on n'est ni lycéen préparant le bac ni étudiant, cela suite à ce que croyais être une
citation puisque en un courriel reçu l'on me l'avait mise entre guillemets et que je m'étais demandé d'où elle provenait puis avais interrogé la toile et étais arrivée par le plus grand des hasards
sur votre site blog alors que la citation n'y était pas sauf que j'avais ainsi pu vous lire avec un très grand intérêt dans ceci daté du 17 mars 2010 "Cycle sur Nietzsche : Ce qui ne me tue pas me
rend plus fort...ou la maladie synonyme de lucidité et de grande santé" et je l'avais fait circuler un peu ce lien pour partager ce texte que j'avais dû je crois me rappeler lire fin 2010, par
contre ce dont je me souviens et pour cause !est que je l'avais imprimé pour le garder à mes côtés et le relire souvent et quand un peu plus tard, début 2011, il s'était mis à venter violemment
devant ma porte puisque chassée de mon domicile commun avec un des 2 prétendus philosophes moraux se réclamant de J.-J. Rousseau et d'autres grands disparus, je l'avais emporté avec moi en mon lieu
de refuge ordonné votre texte, cela pour le lire et relire durant les longues nuits d'insomnies, et même si 1/la maladie d'un long et profond coma de 15 jours, hélico en urgence un incertain 26 mai
2004 lors d'un accident routier, petite voiture contre poids lourd 42 tonnes puis 2/ maladie s'étant aggravée fin mai 2005 après une dramatique disparition éternelle de celle qui m'avait donné la
vie puis 3/ juillet et août 2008 et la suite des serres et pinces de ce que parfois l'on préfère nommer crabe puis 4/ pour finir en beauté la souffrance morale de 2011, ouverture de la chasse et
ordre de partir des lieux communs de vie m'ayant été asséné, et 2012 et la suite à venir on ne s'y fait pas, on s'habitue c'est tout... enfin je cesse la numérotation et reprends depuis mon "même
si" cette phrase bien trop longue : donc même si toutes ces souffrances physiques et morales tombées sans répits depuis ma naissance, avec parfois quelques courtes et temporaires accalmies, ne
m'ont pas rendue plus forte je crois savoir que tous ces maux m'ont profondément changée dans ma vision des "choses" de la vie, dans les concepts de l'amour, de l'amitié, de l'Agape, de la maladie,
est-ce bien "c’est cela qui s’appelle penser ! » et comment panser les plaies vives, relire les poètes et l'histoire de L'Espèce humaine ? En tout cas vous aviez très bien dit par écrit ce que je
ressentais sans pouvoir le dire aussi profondément pensé comme vous et vive VICTOR HUGO

Vicki Laforce 24/01/2012 14:51

Merci!!! Je découvre... et cela rejoint parfaitement une discussion que nous avions à table avec nos enfants ce matin, mon conjoint et moi. Les mots écrits ici pour le dire beaux et justes!