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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Se posséder un peu plus pour gagner en liberté

Conscience inconscient libertéLa conscience n’explique pas l’homme dans sa totalité. Il y a du mystère en chacun de nous, du secret que nous conservons sans en être le gardien. Cet inconnu produit-il des effets sur notre comportement, nous pousse-t-il à agir de telle façon et pas d’une autre ? La thèse de l’inconscient est une réponse par l’affirmative. Ainsi, l’inconscient ne serait pas inconscience. Il serait une entité psychique à part entière, indépendante de la conscience jusqu’à, selon la psychanalyse, dominer cette dernière. La conscience ne serait pas la maîtresse du jeu. Son omniprésence ne serait qu’illusoire, ou pour reprendre les bons mots de Valery : « La conscience règne mais ne gouverne pas ». Des forces inconscientes, obscures car échappant à toute visée consciente, nous domineraient pour nous constituer. Il y aurait une sorte de déterminisme psychique, fondé sur notre passé, notre histoire, nous imposant une façon d’être et d’agir. Cette emprise contrarie toute idée de libre-arbitre. Avec le déterminisme psychique, la liberté du sujet n’existe guère. Et pourtant, il s’agit bien de notre identité, c’est-à-dire le résultat de notre passé, de notre histoire, qui nous déterminerait de la sorte. Nous serions donc responsables sans l’être. Ce que nous fîmes et vécûmes tracent les contours de ce que nous ferons et serons, sans que la conscience ne soit actrice de ce devenir...

Au premier abord, la psychanalyse donne l’impression de se contredire en se présentant comme une méthode thérapeutique pour vaincre névrose et psychose. En effet, si une dynamique clandestine nous gouverne, comment la combattre à défaut de la connaître ? Mais c’est justement cette connaissance que se propose d’établir le psychanalyste, soit d’amener à la conscience ce qui est prétendu comme inconscient. Avec la psychanalyse, il y a l’idée d’un chemin, celui que fait le patient en compagnie de son psychanalyste. Il s’agit de s’approprier un moi suffisamment profond jusqu’alors pour que la conscience n’en ait pas conscience. On plonge en soi avec la psychanalyse, en usant de la parole comme d’un outil. Nommer les choses est en effet une manière de les posséder.

On peut très bien ne pas adhérer à la méthode psychanalytique, ne pas croire en un inconscient souverain, en un despotisme psychique. Mais la théorie de l’inconscient nous apprend que la liberté ne nous est pas donnée mais qu’elle s’acquiert, ce qui est vrai. Il convient chaque jour de faire effort pour être aussi libre que la veille et chercher à l’être plus demain. Et c’est un travail qui nécessite de la conscience. Ainsi, plus celle-ci s’aiguise, se nourrit de ce qui précédemment lui échappait, en un mot s’élève, plus nous gagnons en liberté. On ne peut en effet être libre sans se posséder.

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Halilou 21/07/2011 20:45