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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Quand l'indifférence exige de la différence

Indifference.jpgL'indifférence n'est pas le contraire de la différence. Être indifférent ne signifie pas que l'on soit incapable de faire la différence entre une chose et une autre. Elle est une prise de position, ou relève de l'affectif. Elle renvoie à la notion d'importance. Je ne suis pas indifférent à ce qui m'importe, et inversement. L'indifférence ainsi s'inscrit dans le champ des valeurs, mais par défaut. Elle consiste à n'en accorder aucune à un fait, à des paroles, ou à une personne. Non pas qu'il s'agisse de dénigrer, car elle est avant tout absence d'intérêt. C'est une distance suffisamment grande que met le sujet entre lui et un objet jusqu'à ce qu'il ne le considère pas. Cette distance bien souvent est reprochée, et ainsi l'indifférence n'est pas pensée comme vertueuse. On l'associe que trop à l'égoïsme, en estimant qu'est indifférent celui qui n'accorde de la valeur qu'à lui-même, compte tenu d'un égotisme extrême. On peut pourtant être égoïste sans être indifférent, bien au contraire, dès lors qu'il s'agit de ramener tout à soi, d'obtenir pour soi ce qui justement réprésente de la valeur. L'égoïste y trouve une source d'enrichissement personnel qui satisfait très bien son égoïsme.

Il n'en existe pas moins des indifférences qui participent de la vertu. La justice par exemple nécessite de l'indifférence pour ce qui est de l'impartialité. Il s'agit d'être indifférent sur le plan émotionnel pour être apte à juger sans passion. La charité procède également de la sorte. Elle est un amour désintéressé de son prochain en tant qu'être humain, indifférent affectivement à la personne. Sans cette indifférence, la charité n'existerait pas, car on ne peut aimer tout le monde. Mais qu'il s'agisse de la justice, ou de la charité, il n'est pas question d'être indifférent à tout. La personne qui rend la justice, ou qui est charitable, n'est pas indifférente à ce qui l'anime, et ne doit pas l'être. Les conséquences sinon seraient désastreuses. C'est avant tout affaire de dosage, c'est-à-dire faire preuve de suffisamment d'indifférence vis à vis de ce qui doit l'être, de ne pas accorder d'importance à ce qui n'en a pas, sans pour autant tomber dans la négligence. Autant dire que cette indifférence là demande de l'intelligence, car elle est un calcul. Elle exige d'être capable de faire la part des choses, de faire la différence.

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