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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Nietzsche contre Platon à propos de l'art et de la philosophie

Nietzsche-contre-Platon.jpgLe positionnement de l’art vis-à-vis de la philosophie sépare Platon et Nietzche. Cette divergence prend appui sur la définition de chacun à propos du beau. Platon nous dit que le beau est une restitution de la vérité sous une forme sensible, laquelle appartient à l’art. Mais le plus célèbre des penseurs antiques n’apprécie guère ce mode d’expression car il repose sur les sens, sur ce corps qu’il déteste tant. Il lui préfère l’ordre intelligible, avec l’incursion de l’esprit dans son monde des Idées qu’il présente comme le siège des vérités immuables et éternelles. Le philosophe, en tant que représentant par excellence de l’exercice spirituel, se trouverait alors mieux armé que l’artiste par l’usage de son âme. Celle-ci, contrairement au corps, échapperait à l’empire des sens et à la finitude. Le philosophe serait aussi en connexion directe avec la vérité, sans avoir besoin de média, d’artifice, de subterfuge, d’œuvre si l’on qualifie l’effort artistique. Platon n’apprécie pas le poète. Il n’a selon lui pas sa place dans la Cité, même si la pensée antique assimile l’artiste à un découvreur. En effet, l’art à l’époque platonicienne est considéré comme une lecture du réel pour en restituer l’harmonie. Le cosmos est alors dans toutes les têtes bien pleines. La vérité, et donc le beau qui en dérive, se trouve dans chaque chose. C’est sur ce point que Nietzsche ne prend pas le parti de Platon, parce que son temps aussi n’en est plus à viser le monde comme un livre. L’artiste est devenu un individu. Son travail exprime une intériorité. Il accouche d’une vie intérieure. L’œuvre artistique est désormais le prolongement de soi, le débordement d’une subjectivité offrant aux regards ce qu’elle a de plus profond, et peut-être de plus ténébreux. Et comme la vérité n’existe pas selon Nietzsche, que le vrai n’est qu’une interprétation de plus affichant une prétention à l’objectivité sans en avoir les moyens, Nietzsche donc estime que l’artiste est bien plus sincère, authentique, que ne l’est tout philosophe de son état prétendant posséder la vérité. Le vrai se trouve maintenant dans le cœur de chacun, et l’artiste est celui qui sait le mieux entendre ses appels.

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