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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Lorsque la machine confond le sexe et menace ainsi l'homme - Erotique voilée, une photo de Man Ray

Erotique-voilee-Manray.jpgLorsque la machine prend possession du corps humain, l’identité s’en trouve d’autant réduite. Cet appauvrissement identitaire peut aller jusqu’au sexe. Suis-je un homme, ou une femme, hermaphrodite ou androgyne, quand la mécanique s’empare de l’individu ? Est-ce vraiment une jeune femme qui est passée sous l’objectif de Man Ray ? A première vue oui, mais en y regardant de plus près, ne voit-on pas un phallus tendu, tout droit sorti de la roue mécanique pour faire corps avec le modèle ? La poitrine également s’efface devant la machine, où l’on aperçoit plus qu’un téton frémissant qui nous en dit trop peu sur la prétendue féminité de celle qui pose pour le photographe. Dès lors mi-homme mi- femme, le modèle annonce l’uniformisation à marche forcée du genre humain sous les coups d’une mécanisation toujours plus croissante, plus omniprésente, jusqu’à en devenir envahissante, voire conquérante. L’humanité disparaît alors devant la technique, mais pour devenir quoi. Un rouage ? Une pièce d’une machinerie qui la dépasse ? Un élément parmi d’autres d’un Big Brother d’acier, lancé à toute vitesse sans but précis ? A moins qu’en devenant asexué et toujours plus puissant car armé technologiquement, l’homme touche le divin ? Il n’est pas certain que cette dernière proposition soit la plus envisageable, mais qu’au contraire l’humanité se perdrait dans la mécanisation à outrance du monde, dont le vivant. Pour preuve, la machine selon Man Ray confond le sexe masculin et féminin, pour définitivement l’effacer, alors que c’est bien l’altérité sexuelle qui autorise la perpétuation de l’espèce humaine, donc la sauvegarde de l’humanité.

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