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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Lorsque les choses transcendent l'homme...et qu'il s'imagine le contraire

En-soi-pour-soi.jpgRéfléchissant sur soi et sur son rapport au monde, l’on peut penser que les choses ne sont que grâce à soi. Qu’il suffise que la conscience se saisisse d’une part du réel et voilà ce qui compose cette part comme étant, par ma volonté, mon intentionnalité. Ma conscience a mis en lumière ce qui l’instant d’avant se trouvait dans l’obscurité. En dirigeant mon attention sur une chose, je lui donne du sens. Elle me doit donc tout pourrais-je me dire, et j’ai également la liberté de la renvoyer dans les ténèbres. La chose est, elle n’existe pas, sauf si je m’y intéresse. Me voici donc démiurge ! Je donne de l’existence à ce qui n’en a pas. Sauf qu’en poursuivant la réflexion vient le moment du petit doute, lorsque qu’une porte jusque-là cachée se dévoile, et la curiosité m’invite à la pousser. Le seuil franchi, les évidences s’éloignent. Ma première intuition : il est plus que ce que je vois. Cette idée renverse mon pouvoir. Comment puis-je encore prétendre être tout puissant pour faire de ce qui est ce qui existe, si une partie de ce qui est m’échappe ? D’ailleurs, quelle est sa proportion ? Je n’en sais rien car elle m’échappe justement. Une seconde pensée vient un peu plus attaquer mon règne : le monde peut très bien être sans moi. Les choses sont ce qu’elles sont, en-soi. Cet être, peut-être le fais-je exister, mais que cette existence paraît fragile comparée à l’immuabilité de l’être. Ce qui est en-soi le reste. Alors que moi, qui suis pour-soi, qui ne cesse consciemment de sortir de moi, de dépasser ce que je suis, je suis bien plus roseau que racine. Je puis plier d’un instant à l’autre, alors que ce qui est est là, un être-là qui n’attend rien, même pas d’exister. Cet être-là ne demande rien, ni ne s’offre, ni se perd, sans intention, sans vœu. Ainsi, ne serait-ce pas plutôt l’être-là qui me permet d’exister ? Je mets en lumière ce qui n’en a pas besoin, mais ceci ou cela m’autorise à avoir conscience de. Pour que la lumière soit, encore faut-il quelque chose à éclairer ! Cela pourtant me dépasse car je ne connais pas, ni ne perçoit, ce qui est dans sa totalité. De démiurge, me voici maintenant transcender par les choses, me voilà redevenu ce que je suis, un homme. Heureusement, j’ai avec moi l’imagination pour retrouver mon trône afin de régner à nouveau sur les choses. Celles-ci sont inanimées, je puis donc aisément m’imaginer les gouverner comme je l’entends. Elles ne protesteront pas. Seulement voilà, je ne suis pas seul non plus, il y a cette autre part du réel qui s’appelle autrui…

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