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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le sujet, synthèse de la permanence et du changement...ou le Je, donné transcendantal selon Kant

Sujet-philosophie.jpgL’homme est exceptionnel parce qu’il est le seul sujet au monde. Il est ainsi avec la conscience, plus précisément avec l’aperception qui le caractérise. Spontanément, l’homme est conscient de lui-même et du réel. Spontanément, il s’échappe de l’immédiat. L’homme est un Je qui se pense, et c’est cette pensée qui lui vaut d’être une personne, ce plus par rapport au sentir qui anime l’animal. Ceci nous est dit par Kant, dans Anthropologie du point de vue pragmatique, à propos notamment de l’enfant qui devient sujet : « Il faut remarquer que l’enfant, qui sait déjà parler assez correctement, ne commence qu’assez tard (peut-être un an après) à dire Je ; avant, il parle de soi à la troisième personne (Charles veut manger, marcher, etc) ; et il semble que pour lui une lumière vienne de se lever quand il commence à dire Je ; à partir de ce jour, il ne revient jamais à l’autre manière de parler. Auparavant il ne faisait que sentir, maintenant il se pense. » Etre sujet, c’est aussi se donner de la permanence dans un monde où règne le changement. Certes, l’homme change, comme tout ce qui est. Mais il est le seul à pourvoir se considérer comme changeant et changé, ce qui veut bien dire qu’il se représente de la sorte selon une référence. On peut en effet se dire maintenant différent par rapport à un état, encore que la permanence n’y est pas strictement requise car toute comparaison est possible entre des états successifs sans qu’aucun ne soit premier ou alors plus durable que les autres. Mais ce qui dure, c’est notre faculté à nous comparer, autrement dit à nous représenter comparativement à ce qui est, mais aussi à nous figurer à partir de ce qui fût et aussi vers ce que nous anticipons ou souhaitons qu’il soit. La conscience est la récolte de ce qui arrive pour rapporter tout à soi, et ce dans une  dynamique synthétique. Cette synthèse, c’est le sujet, le Je, ce qui est permanent et constitue la personne, même si son contenu varie avec le temps, les histoires, les rencontres, en un mot avec l’existence. Kant y voyait un donné transcendantal. Foncièrement, le sujet échapperait ainsi à l’expérience, mais il n’en recevrait pas moins ce qui est pour changer, tout en se conservant.

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