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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Le peu de force scientifique de la psychanalyse

Freud-et-son-heritage.jpgCe que la conscience ne sait éclairer, la psychanalyse le peut, telle est résumée la proposition freudienne. Seulement voilà, le psychanalyste vise à signifier ce qui ne peut pas être signifié, car donner du sens nécessite de la conscience. Comment interpréter ce qui échappe à toute activité consciente, sauf à dénommer une zone dite obscure, l’inconscient, et donc à objectiver ce qui à la base est inintelligible. La psychanalyse est un procédé de signification là où le sens est absent parce que la conscience n’y pénètre pas. Cette critique commune est redoutable pour la psychanalyse, mais celle-ci, par la voix de son maître, ne se laisse pas démonter. Elle revendique sa véracité de par les succès qu’elle obtient sur un plan clinique. Sauf que l’efficacité n’est pas au fondement de ce qui est vrai. Autrement dit, on peut être faussement efficace. Pour ce qui est la psychanalyse, le lien de causalité entre l’analyse et la guérison psychique d’un patient n’est pas évident. Y compris concernant les résultats de la psychanalyse, l’interprétation domine. Nous sommes en quelque sorte pris dans un infini nietzschéen : toute conclusion est interprétative. Le fait est exclu de son champ d’application et c’est pour cela que la psychanalyse est infalsifiable, parce que toujours interprétable et non démontrable, ni démontable. Ainsi, sa force scientifique en est d’autant réduite.

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Psychosomatix 23/10/2011 01:58


La psychanalyse n'est finalement démontable que par l'absurde, mais vous venez de le faire d'une manière particulièrement efficace en soulignant très bien ses contradictions.

Elle ne revendique plus sa véracité par l'efficacité clinique : comme elle n'en a pas tant, cet argument commence à ne plus passer.
Les publications de cas cliniques résolus psychodynamiquement par placebo et autosuggestion ont finit par laisser la main devant les méta-analyses, et le roi a commencé son strip tease.
Mais certaines présences médiatiques ont ralenti ce processus dans quelques pays, dont - de Dolto à Roudinesco - notre France.

Pour ce qui est de l'efficacité, nous en revenons à l'effet placebo que j'ai évoqué.
Contrairement à ce qui est couramment pensé, les analyses statistiques nous ont appris que le placebo a une influence constatable sur le physiologique.
Ainsi, de la même manière qu'un médicament placebo aide à accélérer la guérison d'un patient, un marabout ou un psychanalyste ont une bonne probabilité de succès sur des troubles où le retour
psycho/physio est important, comme la dépression ou l'anxiété.
Pour un faux traitement, une vraie guérison est possible.

Pour les troubles où un dysfonctionnement neuronal (ex: TDA) fait clairement figure de causalité, l'emploi du placebo peut encore paraître inefficace.
Mais si le dysfonctionnement (ou le trauma) n'est pas en lui-même guérissable, son poids dans le bien-être et dans le comportement du sujet peut encore être compensé.
Ce qui pose ensuite la question du pathologique...

Nous sommes cependant d'accord, si l'effet placebo n'est pas négligeable il est le plus souvent loin d'être suffisant.
Cette question est essentielle quand on veut prétendre être une "cure", ne serait-ce que par principe étymologique.

Mais pour faire une ouverture humouristique de thème antique, c'est actuellement le terme de "thérapie" (dont l'étymologie grecque se rapproche plus de l'intention de soin et non de sa réalisation)
qui est débattu !

À bientôt peut-être ;)