Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog
Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La philosophie, c'est la vie ! ...ou la convergence pour approcher la vérité selon Henri Bergson

Philosophie-c-est-la-vie.jpgOn n’apprend pas la philosophie, mais à philosopher. La philosophie en effet n’est pas une matière, comme l’histoire par exemple, où se trouverait logé un savoir. La philosophie est affaire d’engagement personnel, de toute la personne dirons-nous. Il n’existe pas de choses sues que l’on peut extraire de la philosophie, comme s’ils s’agissaient de connaissances existantes en soi. En philosophant, il est question de s’investir tout entier dans une réflexion visant à nous apprendre à voir le réel. La philosophie est ainsi une investigation sur ce qui est, et pour cela il convient de s’inscrire soi dans la réalité tout en ayant la nécessité de se distancier de ce qui est, afin de disposer de tout le recul suffisant pour observer. Le philosophe pour investiguer scrute, en se fixant deux impératifs : impartialité et lucidité. Le philosophe est aussi celui qui prend une direction, celle consistant à revenir aux choses mêmes, et pour cela il faut vivre. L’expérience est conditionnée en effet au vécu. Pour appréhender le réel, la perception est la première étape, commune à tous. Mais pour revenir à la chose en soi, il faut plus qu’un simple décor. Toute chose est sur la base d’une forme mais également d’après le sens qui lui est donné. Philosopher, c’est comprendre ce que peuvent être les liens entre la chose et nous-mêmes. Cela demande de la réflexion. Une pensée immédiate en effet nous en dit trop peu sur ce qui est, alors que réfléchie, la pensée lève peu à peu le voile entre le réel et nous. Pour ce faire, certains exploiteront les mots, en admettant que le langage repose sur une structure corrélée au réel. D’autres préfèreront la phénoménologie, laquelle consiste à appréhender tout phénomène, toute manifestation du vivant comme une émanation essentielle. Mais quelque soit la méthode employée, la philosophie conduit à différencier, discriminer, analyser, pour ainsi s’affranchir de l’opinion, cette idée immédiate dont le fondement est plus émotionnel que raisonné et ainsi trouble toute vision du réel. Néanmoins, la philosophie ne veut pas dire consensus. Même si elle n’est pas de l’histoire, il n’en existe pas moins une histoire de la philosophie dont le cours varie selon les thèses développées par les plus illustres des penseurs, thèses qui se confirment ou se contredisent, pour former des courants de pensée, repérables dans le temps et dans l’espace. Il ne faut pourtant pas réduire tout auteur aux idées qu’il développa. La pensée appartient à tous. Apprécier la philosophie, c’est comprendre quel fût l’apport d’une pensée dans la conscience collective, c’est distinguer le progrès accompli pour la représentation générale du monde grâce au travail de pensée de quelques-uns. Philosopher n’est donc pas la garantie d’atteindre la vérité. Mais elle se propose de nous y conduire. Elle est une direction envisagée, sans que soit imposé ni sens, ni parcours. C’est ainsi que chacun peut démarrer où il l’entend, s’orienter où il veut, se perdre peut-être, puis se retrouver. C’est aussi en prenant chacun une direction différente que l’on augmente la possibilité de converger vers un même point, convergence concluant des façons de pensée pourtant divergentes, ce qui laisse présager une approche sérieuse de la vérité. Cette idée de convergence est celle d’Henri Bergson, qu’il expose dans Energie spirituelle : «  Des groupes différents de faits, dont chacun, sans nous donner la connaissance désirée, nous montre une direction où la trouver. Or, c’est quelque chose que d’avoir une direction. Et c’est beaucoup que d’en avoir plusieurs, car ces directions doivent converger vers un même point, et ce point est justement celui que nous cherchons. Bref, nous possédons dès à présent un certain nombre de lignes de faits, qui ne vont pas aussi loin qu’il faudrait, mais que nous pouvons prolonger hypothétiquement. Je voudrais suivre avec vous quelques-unes d’entre elles. Chacune, prise à part, nous conduira à une conclusion simplement probable ; mais toutes ensemble, par leur convergence, nous mettrons en présence d’une telle accumulation de probabilités que nous nous sentirons, je l’espère, sur le chemin de la certitude. Nous nous en rapprocherons d’ailleurs indéfiniment, par le commun effort des bonnes volontés associées. Car la philosophie ne sera plus alors une construction, œuvre systématique d’un penseur unique. Elle comportera, elle appellera sans cesse des additions, des corrections, des retouches. Elle progressera comme la science positive. Elle se fera, elle aussi, en collaboration. » Bergson rompt ainsi avec l’image du philosophe esseulé, éloigné de tout. Philosopher n’est pas se retirer du monde. Il est question de prendre de la distance et du temps avec le réel, et non de renier ce qui est en s’enfermant dans des certitudes qui ne se partagent pas. La philosophie, c’est la vie !

Partager cet article

Repost 0

Commenter cet article

Clovis Simard 11/08/2012 21:12

Blog(fermaton.over-blog.com),No-24. - THÉORÈME des SIX. - Philosophie Unitaire

Philippe LAFFONT 10/06/2011 21:06


La philosophie... Soit...
Mais la Vie!...
Qu'est-ce que c'est, la Vie?