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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La mainmise de la transcendance sur les esprits

Transcendance.jpgAutant pour croire en Dieu faut-il être animé par un sentiment religieux, autant l’inverse n’est pas systématique. La religiosité en effet n’est pas spécifique au divin. Le nationalisme, le scientisme, ou encore bien d’autres constructions de l’esprit en –isme sont précédés et soutenus par une intensité de nature religieuse. Car qu’est-ce que le sentiment religieux ? Il s’agit avant tout d’une pensée visant à reconnaître le sacré, et cette sacralisation n’a pas exclusivement Dieu ou des dieux pour objet. Cela peut être une idée étrangère à toute divinisation, voire en opposition avec le divin. Mais ce qu’il y a de commun entre la croyance en une entité supranaturelle toute puissante, à l’origine de tout, et l’adhésion à une idéologie sans rapport avec Dieu, est la transcendance. La religiosité, qu’elle soit religieuse ou politique, consiste pour celui qui s’y retrouve, à ne pas se suffire de lui-même et du monde qui l’entoure. Il lui faut plus que ce qui est de l’ordre de l’immanence. Le monde pour celui-ci n’est pas que de la terre ; il y a le ciel, il y a un au-delà, il y a une abstraction qui transcende toutes les réalités terrestres et concrètes. La transcendance donne aussi du sens à l’existence avec la valeur qu’elle attribue à certaines choses. C’est ainsi avec la transcendance que la communion est possible entre ceux qui la partagent. Mais c’est aussi au nom d’une transcendance que les pires atrocités sont commises. Dépassé par une idéologie ou par Dieu, l’homme est capable de s’abandonner totalement, en servant absolument ce à quoi il croît. L’homme peut donner sa vie à une entité qu’il estime comme supérieure à tout. Mais qu’est-ce qui pourtant le motive pour s’engager de la sorte, totalement, entièrement, au profit d’une supériorité qui n’a pour fondement que la représentation qu’en font ceux qui justement font acte de servitude à son égard, et par conséquent la constituent ? On peut comprendre une allégeance extrême chez ceux dont le sentiment religieux a viré au fanatisme du fait d’une éducation calculée à cette fin. L’enfant est malléable ; lui inculquer une seule idée le temps de son apprentissage condamne l’adulte qu’il sera à un enfermement de l’esprit. Mais s’agissant de l’homme qui a connu une diversité de choses et d’idées sa jeunesse durant et même après, pourquoi remet-il sa vie dans d’autres mains que les siennes ? Il faut une force énorme pour cela, pour arracher une personne à elle-même et de toutes les conventions qui jadis l’encadraient au quotidien. Cette force est peut-être un tout, et non un unique ingrédient ; un tout mêlant à la fois la fascination vis-à-vis de quelque chose d’inhabituel, l’angoisse née d’un esseulement et donc qui réclame une protection, les regrets et les remords d’une intensité suffisante pour faire de la réalité un champ de ruines, un amour qui s’est évanoui et dont le cœur n’a point fait le deuil. A cela s’ajoutent  certainement des circonstances extérieures, des situations, qui sont autant de pressions et non plus des opportunités pour une âme endolorie, ceci s’intégrant donc à la force précédemment évoquée pour former un tout qui s’empare des esprits.

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Chedli Ben Messaoud 13/07/2011 10:07


Pour moi, il n' y a que deux choses concrètes auxquelles j'adhère.
L'homme et les valeurs universelles.
Dieu, pour moi n'est autre chose qu'une CONSTRUCTION de l'esprit humain.
L'humain, faible de nature et face aux injustices de toutes sortes, faces aux difficultés de la vie, face à la barbarie de ses congénères, il a besoin de soutien, de réconfort et de solutions.
Il se réfugie donc auprès de ce Dieu imaginaire(fruit de son imagination, de ses désirs et de ses fantasmes), ce Dieu qu'il a crée lui-même, et auprès duquel il va s'abandonner et déléguer la
résolution de toutes ses misères terrestres.
Ne pouvant ni le voir, ni le rencontrer sur TERRE, il pense, il s'imagine qu'il y a aussi un au-delà, et partant un enfer et un paradis.

Tout cela, n'est pour moi que chimères, fantasmes et crainte d'affronter le réel et sa dureté.