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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La liberté au carrefour de la métaphysique et de l'expérience

Liberte-metaphysique-carrefour.jpgSelon Descartes, la liberté se conçoit comme la capacité de faire, ou de ne pas faire, sans qu’aucune force extérieure n’influe sur la décision. Il s’agit d’une liberté absolue qui ne serait pas même contrainte par une inclinaison naturelle vers le bien. Descartes ne croit pas Socrate lorsque celui-ci affirme que nul n’est méchant volontairement. Même si l’on voit où se situe le bien, on peut librement agir en direction du mal ; le mal peut être voulu. Tout comme il est possible, toujours selon Descartes, d’agir sans motif, sans raison. Ce serait ici la liberté d’indifférence, expression du libre-arbitre. Mais Descartes nous dit qu’elle est le plus bas degré de la liberté. Être libre n’est pas décider sans mobile. L’acte gratuit, selon l’expression d’André Gide, n’a que peu de valeur. Dans cette situation, on ne juge pas, donc on s’engage très peu. La gratuité n’est pas toujours vertueuse. C’est là où la liberté s’amenuise d’autant qu’elle est gouvernée par l’indifférence. Descartes répond à cela que la liberté, la vraie, consiste à vouloir ce que l’on juge de meilleur. Et ce jugement se fait, selon lui, en fonction de valeurs qui nous dépassent, qui nous précèdent. Ainsi, le libre arbitre cartésien n’en est pas totalement un. Dieu est au-dessus. Seule la liberté divine serait créatrice de valeurs, et la liberté humaine serait la faculté de s’y conformer.

Le libre-arbitre peut certes se définir métaphysiquement comme liberté d’indifférence, en théorisant sur une volonté affranchie de toute inclinaison, comme s’il s’agissait de vouloir pour vouloir. L’expérience cependant démontre que la volonté ne saurait être absolument isolée de tout. Elle est toujours mue par quelque chose. Dans la moindre décision, l’indifférence n’a pas son siège. La volonté s’exprime toujours en rapport avec une partie du réel, et la liberté s’évalue en fonction de ce rapport. Ainsi, la liberté a cette position particulière d’être au carrefour de la métaphysique et de l’expérience. Elle ne se démontre pas, donc n’a rien de physique. La nature d’ailleurs ne laisse aucune place à la liberté. Néanmoins, nous ne sommes pas non plus libres hypothétiquement. La liberté est mère de nos actes.

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