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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La fin de l'histoire collective ?...ou la nécessité de s'y retrouver pour préserver la planète et lutter contre le fanatisme religieux

Fin-de-l-histoire-philosophie-hegel-marx.jpgEn 1992, Francis Fukuyama, philosophe américain d’origine japonaise, déclarait la fin de l’histoire. Selon lui, l’organisation humaine aboutirait à la démocratie libérale. Désormais, après la chute du Mur de Berlin et la fin de la Guerre froide, seuls des évènements seraient la manifestation du passage du temps sur un plan collectif. Plus aucun changement en profondeur ne viendrait renverser le système démocratique couplé avec l’économie de marché. Cette conclusion vient à donner un sens à l’histoire car à défaut, elle ne peut avoir de fin. D’autres penseurs ont théorisé sur la marche historique. Platon considérait que l’avenir de l’homme était voué au déclin, en passant de l’âge d’or, au bronze puis au fer. Plus près de nous, Marx énonce l’hypothèse d’un déterminisme historique. L’histoire serait animée par une force qui est la lutte des classes : le maître contre l’esclave durant l’Antiquité, le seigneur contre le serf au Moyen-âge, le bourgeois contre le prolétaire dans le monde postmoderne. Marx voit une issue à cet enchaînement : une seule classe subsistera, dans un mouvement dialectique, et ce grâce à la révolution du prolétariat. Hegel, de son côté, nous dit que l’ordre du monde est animé par la Raison universelle. Certes, ce sont les hommes qui sont acteurs de leur histoire, mais sans le savoir ils sont l’expression d’un esprit qui les transcende, et ainsi leur destin collectif est tracé. La religion s’inscrit également dans la nécessité historique, mais plus sur un plan moral : l’homme est tout entier voué au dessein divin et il doit donc s’y inscrire de par son comportement. Les Modernes, à l’inverse, reconnaissaient au genre humain le droit de maîtriser et de posséder la nature, et ainsi le progrès technique est la direction à emprunter.

 

Que les considérations sur l’histoire soient d’origine religieuse ou laïque, elles se fondent toutes sur une idée, celle que l’histoire est dirigée vers un but, vers la réalisation d’un destin collectif. Cette vision aujourd’hui tend pourtant à se réduire. L’historien François Hartog, ou encore le philosophe Daniel Bensaïd, mettent en évidence ce qui caractérise selon eux le primat du présent par rapport aux autres dimensions du temps sur nos sociétés occidentales. Plusieurs raisons à cela : l’expérience violente des grandes idéologies politiques qui ont martyrisé le XXème siècle ; la montée en force de l’individualisme, favorisée et entretenue par la consommation marchande de masse ; la mondialisation, ou encore la globalisation, qui brouille la visibilité quant à déterminer les détenteurs du pouvoir et les porteurs de projet politique. Enserré dans un magma sans visage, l’homme n’a plus guère la capacité de se projeter. Il lui faut consommer, ou se donner les moyens de le faire, car à défaut il est rejeté ; voilà autant de préoccupations dont la portée est quotidienne. L’individu a certes retrouvé sa place au cœur d’un système, mais celui-ci est plus économique que sociétal. Est-il alors possible d’apprécier l’histoire comme la somme de destins individuels ? Autrement dit, faut-il abandonner l’idée d’une histoire collective ? L’enjeu environnemental, l’amoralité des marchés financiers et la montée du fanatisme religieux nous obligent à refuser cette perspective.

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