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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

La différence entre l'éthique et la morale, et la condition de leur inséparabilité

Ethique-morale-difference-philosophie-cours.jpgLa morale et l’éthique sont différentes, même si certains raccourcis philosophiques ont tendance à les associer, jusqu’à parfois les confondre. Ce serait pourtant une erreur d’affirmer qu’elles ne se distinguent ni l’une de l’autre. Elles n’en sont pas moins inséparables si l’on considère que la morale et l’éthique participent du bien-être, et pourquoi pas du bonheur. En effet, peut-on se sentir bien en agissant éthiquement contre la morale ? Et s’estimer heureux en étant scrupuleusement moral contre l’éthique ? Ainsi, l’une ne va pas sans l’autre, semble-t-il, mais attachons-nous sur ce qui les différencie. La morale, dirions-nous, répond à la question suivante : que dois-je faire. Elle ne laisse guère de choix, en déclinant un ordre, applicable à tous. La morale est ainsi universaliste sur un périmètre donné, car il existe en son sein des variantes d’une culture à l’autre. Mais dans tous les cas, elle commande, alors que l’éthique recommande. Celle-ci en effet se préoccupe plus de l’individu, en lui donnant consigne quant à sa façon d’agir. Elle n’est pas impérative comme l’est la morale. Elle appartient au sujet mais peut s’appliquer collectivement dès lors qu’un groupe se fonde sur des désirs communs émis par ses membres. L’éthique se trouve ainsi associé au désir, sans être absolument permissive. Disons qu’avec l’éthique, on se garantit du bon contre le mauvais, et avec la morale du bien par opposition au mal. Faut-il alors éliminer l’une au profit de l’autre ? Nietzsche le fît en récusant la morale. Seule l’éthique valait selon lui la peine d’être vécue, en considérant la morale comme mortifère. Certes, cette dernière contraint, et une contrainte est une atteinte au dynamisme d’une force, un coup d’arrêt porté à un mouvement, fusse-t-il vital. Mais jusqu’où peut-on aller avec l’éthique ? Ce qui est bon pour l’un ne l’est pas forcément pour l’autre. L’éthique, parce qu’elle est relative, répond mieux aux aspirations singulières. Mais un relativisme si j’ode dire absolu en matière de comportement serait dangereux, avec le risque qu’il ne se transforme en nihilisme ou participe de l’avènement d’un système totalement inégalitaire. Nous ne serions alors guère éloignés de la loi du plus fort. Même Nietzsche, qui accorde à l’éthique une dimension axiale, donne sa consigne. C’est la volonté de puissance, laquelle n’a jamais été un programme de domination d’autrui, mais la volonté de vivre toujours plus que l’instant d’avant, de vouloir tout ce qui est, y compris celui qui se trouve à nos côtés. Il y a bien de la morale chez Nietzsche et son génie est d’en faire une force vitale, une dynamique au service de la vie, de toute la vie, ce que n’ont guère su faire les religions. Avec Nietzsche, nous comprenons que l’éthique doit aller aussi loin que possible dans la conduite de l’existence jusqu’à une limite, la morale. Reste donc à définir cette limite et les conditions de sa détermination, car rien n’est écrit, mais là n’est pas notre sujet pour le moment. Nous resterons sur une première proposition conclusive qui serait la suivante : l’éthique est vouée au bien personnel et la morale protège celui-ci des appétits de la collectivité. Ethique et morale sont donc bien différentes mais nécessairement inséparables.

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