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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'éthique est affaire d'intériorité selon Kierkegaard...ou l'accord de l'éthique avec soi pour la liberté

Kierkegaard.jpgL’éthique n’a rien à voir avec l’histoire mondiale, tout du moins pour ce qui est de son origine, et même de son emplacement s’il fallait la positionner. Telle est la conclusion de Kierkegaard, qui ainsi s’oppose à Hegel, lequel voyait dans le déroulement historique un sens éthique, produit d’une raison universelle en mouvement. L’éthique pour Kierkegaard existe bien, mais elle est affaire d’intériorité ; elle existe en chacun : « C’est pourquoi on ne la voit pas mieux, comme on veut se l’imaginer faussement, dans l’histoire mondiale du monde où il s’       agit de millions de gens, que dans sa propre vie, justement parce que là on ne se trompe pas à l’étoffe et à la masse. L’éthique est l’intériorité et plus petit est ce dans quoi on la voit (quand on la voit pourtant dans son infinité), mieux on la voit ; tandis que celui qui a besoin du décor de l’histoire mondiale pour, croit-il, mieux l’y voir, montre justement par là qu’il n’est pas éthiquement mûr. » (Post-Scriptum – Kierkegaard). Ce ne serait donc pas dans l’histoire qu’il faille trouver un point originel à propos de l’éthique. Et l’éthique, selon Kierkegaard, ne se manifeste pas exclusivement dans le fait historique. L’histoire n’est ainsi ni l’origine, ni l’unique représentation, de ce qui contraint l’homme et le définit dans le même temps : « Il se produit facilement une autre confusion : on pense que l’éthique se concrétise seulement dans l’histoire mondiale, et que ce n’est que dans cette concrétion qu’elle est un devoir pour les vivants. » Ainsi, Kierkegaard nous explique que c’est une erreur directionnelle que de partir de l’histoire pour comprendre ce qui nous oblige. Ce sens n’est pas le bon car c’est bien l’homme qui produit des évènements et les rassemble dans l’histoire. Kierkegaard va jusqu’à ironiser sur cette méprise de l’esprit : « Pourtant ce ne serait pas fou si on voulait dire que cela doive être découvert (l’éthique) dans l’approfondissement, par l’individu, de lui-même et de sa relation à Dieu ; mais qu’il faille pour cela un prophète, non pas un juge, mais un voyant, un gaillard historico-mondial qui, à l’aide d’un œil noir et d’un œil bleu, de la connaissance de l’histoire mondiale et aussi sans doute de marc de café et d’un jeu de cartes, découvre l’éthique, c’est-à-dire (car tel est le mot de passe moderne de l’éthique démoralisante) ce que demande l’époque : c’est une double confusion pour laquelle un amateur de rire devra toujours être reconnaissant aux philosophes. » On peut rire ou non avec Kierkegaard, mais admettons que l’association de l’éthique et de l’intériorité est un accord responsabilisant qui autorise notre liberté. Merci Kierkegaard !

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