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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'erreur de Kant à propos de l'impératif catégorique

Imperatif-categorique-Kant.jpgL’impératif est un commandement à la première personne. Il s’agit de se dire ce que je dois faire, de déterminer quelle est la conduite à adopter. Avec Kant, on distingue deux types d’impératif. Le premier est hypothétique. Notre action dans ce cadre est conditionnée à un but que l’on s’est fixé. L’intérêt entre en ligne de compte. Il est question d’efficacité. Le second impératif est catégorique, à savoir qu’il ne supporte aucune condition, si ce n’est d’être le produit de la raison. Je dois par exemple dire la vérité en toute occasion et à tout moment. L’impératif catégorique élimine donc toute fin particulière. Il renvoie à l’universel : tous les hommes doivent agirent de la sorte. C’est une uniformisation de la conduite individuelle. L’impératif catégorique est certes nécessaire, mais également dangereux. Nécessaire à la morale, qui dicte entre autres le respect d’autrui. Dangereux parce qu’il pousse au jusqu’auboutisme. A propos de la vérité et de son contraire, le mensonge, il nous faut bien mentir un petit peu chaque jour. Sans cela, toute vie sociale serait impossible. La sociabilité en effet est faite d’accords et d’arrangements intersubjectifs liant les uns aux autres, et ces liens ne résisteraient pas à une franchise absolue. Le mensonge peut également sauver une ou plusieurs vies. Ceux qui cachèrent des juifs durant l’Occupation eurent bien faits de mentir à la Gestapo lorsque celle-ci se présenta devant leur porte. L’impératif kantien leur commandait pourtant de dire la vérité, soit de révéler aux nazis la présence chez eux de personnes de confession juive…Ainsi, le dosage est requis dans la conduite de soi. Qu’il faille être catégorique, nul doute, et c’est cette attitude qui constitue les valeurs et les maintient. Mais la nuance est aussi impérative, pour s’éviter tout aveuglement. Le gouvernement de soi est donc un exercice qui demande de choisir, donc d’être libre.

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Pascal 28/10/2011 21:17


Bonjour,
Pour être juste, il faudrait réfuter l'analyse que fait Kant de votre cas dans "Sur un prétendu droit de mentir..." en réponse à B. Constant :

Le mensonge généreux, dont il est ici question, peut d’ailleurs, par un effet du hasard (casus), devenir punissable aux yeux des lois civiles. Or ce qui n’échappe à la pénalité[5] que par l’effet
du hasard peut aussi être jugé une injustice d’après des lois extérieures. Avez-vous arrêté par un mensonge quelqu’un qui méditait alors un meurtre, vous êtes juridiquement responsable de toutes
les conséquences qui pourront en résulter ; mais êtes-vous resté dans la stricte vérité, la justice publique ne saurait s’en prendre à vous, quelles que puissent être les conséquences imprévues qui
en résultent. Il est possible qu’après que vous avez loyalement répondu oui au meurtrier qui vous demandait si son ennemi était dans la maison, celui-ci en sorte inaperçu et échappe ainsi aux mains
de l’assassin, de telle sorte que le crime n’ait pas lieu ; mais, si vous avez menti en disant qu’il n’était pas à la maison et qu’étant réellement sorti (à votre insu) il soit rencontré par le
meurtrier, qui commette son crime sur lui, alors vous pouvez être justement accusé d’avoir causé sa mort. En effet, si vous aviez dit la vérité, comme vous la saviez, peut-être le meurtrier, en
cherchant son ennemi dans la maison, eût-il été saisi par des voisins accourus à temps, et le crime n’aurait-il pas eu lieu. Celui donc qui ment, quelque généreuse que puisse être son intention,
doit, même devant le tribunal civil, encourir la responsabilité de son mensonge et porter la peine des conséquences, si imprévues qu’elles puissent être. C’est que la véracité est un devoir qui
doit être regardé comme la base de tous les devoirs fondés sur un contrat, et que, si l’on admet la moindre exception dans la loi de ces devoirs, on la rend chancelante et inutile.

C’est donc un ordre sacré de la raison, un ordre qui n’admet pas de condition, et qu’aucun inconvénient ne saurait restreindre, que celui qui nous prescrit d’être véridiques (loyaux) dans toutes
nos déclarations.

Cordialement,


DéfiTexte 16/04/2011 19:12


Entièrement d'accord avec le commentaire précédent. Je crois aussi qu’il convient de préciser : catégorique ne signifie pas apodictique ; catégorique se différencie d’hypothétique. Par exemple, «
il est rapide » est un jugement catégorique ; « s’il est poussé alors il est rapide » est un jugement hypothétique. Un jugement qui n’est ni catégorique ni hypothétique est disjonctif ; par
exemple, « il est rapide, endurant, habile ». Il a donc trois, et non deux catégories de la relation, qui elle-même tombe sous le principe des analogies de l’expérience. Nous avons ici affaire aux
catégories de la Critique de la raison pure qui n’a rien de morale… Un impératif catégorique moral est celui sans lequel il y aurait destruction sociale ; par exemple, le menteur détruit à terme à
la fois la société et sa place dans la société tandis que dire la vérité sans discernement détruit la personne (méchanceté) ou la société (les salauds au sens de Sartre). Kant ni personne n’a
jamais prôné le manque de discernement. Un principe de contradiction sociale se voit dès le début, à priori, sans avoir à être poussé jusqu’au bout en pratique : il n’a rien de dangereux…Je
rappelle que dans Qu’est-ce que les lumières Kant a prôné le droit et même le devoir pour le savant de s’opposer à « l’uniformisation de la conduite individuelle ».


Nicolas 13/04/2011 17:34


Bonjour, le premier imperatif aurait voulu que le nazisme n'existe jamais, vous reduisez l'imperatif categorique a un cas isole et dépendant du temps, cela le dénature. Proteger des gens d'un
genocide releve du reel imperatif Kantien non limite par un certain contexte et prenant en compte tout les autres facteurs de la situation, le cas particulier est a bannir il faut toujours prendre
en compte le probleme dans sa globalite si l'on ne veut pas erroner l'equation.