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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'entre-deux, entre déterminisme et liberté...ou l'espace que l'homme se crée pour être libre

Liberte-determinisme-opposition.jpgJe dirais que je ne suis pas libre, sans pour autant être déterminé totalement. Il existe selon moi un entre-deux, entre liberté et déterminisme. Dire que je dois devenir ce que je suis m’effraie, car ce serait admettre que je n’ai aucun choix, ou bien que je cède à une illusion, celle de choisir alors qu’il n’en est rien parce que tout est préétabli. Si tel était le cas, autant ne rien faire, mais même de cela nous n’avons guère le choix ; il faut vivre, car la vie est un don que nous n’avons pas demandé. Penser que je suis libre absolument est également absurde. Car sinon, je ne se serais certainement pas celui que je suis. Si j’étais libre de tout, je serais autre, plus fort, ou dirais-je moins médiocre que je ne puis le penser. Alors me voici dans un entre-deux, c'est-à-dire que je dispose non pas d’une liberté absolue, mais d’un espace où je puis m’exprimer en tant qu’homme libre, espace où le choix m’appartient et la responsabilité quant aux conséquences de ces choix m’incombe. J’entre cependant dans cet entre-deux comme je suis, avec mon corps et les facultés qui lui sont consubstantielles, avec ce qui m’a été donné, que je n’ai pas décidé. J’entre aussi avec l’éducation que j’ai reçue, et tous les codes sociaux, moraux, qui l’ont traversée et qui toujours m’accompagnent. Je ne suis en effet pas seul dans cet espace, et chacun porte en lui les traces de la société d’appartenance. J’entre et je pourrais rester comme je suis, déterminé, en avançant ainsi jusqu’à la sortie. Si tel était le cas, alors oui, ma vie ne serait qu’une production du déterminisme. Je n’y vois aucune manifestation de liberté, ou si peu, et cela même dès le départ, lorsque je pousse la porte, car je ne fais aucun choix par rapport à ce que je suis. Certes, être libre, c’est choisir, y compris de ne pas choisir. Mais que je choisisse ou non, il s’agit d’une décision, et je suis bien celui qui la prend. L’expectative que je livre quant à ne rien faire, induit que je ne décide pas. Inversement, je puis concevoir que je n’échapperai jamais à ce que je suis, mais que je suis également un être en devenir. Il y aura bien une attraction de moi-même qui m’empêchera d’aller là où le désir, l’imagination, sont capables de m’emmener. Mais entre cet horizon imaginé ou désiré, et l’état stationnaire dans lequel je me trouve, il existe une marge, une distance, et non un chemin car ce serait admettre un quelconque balisage ne m’appartenant pas. Je dis donc une marge, une distance, soit la possibilité de parcourir, selon ce que je déciderai. Il s’agit d’un espace, car il m’en faut pour avancer, et je le fais en décidant. Mais cet espace n’est pas clos lorsque j’y pénètre. La seule clôture qui existe est celle qui résulte de ma capacité à décider. Cet espace, où s’exprime donc la liberté, sera ainsi plus ou moins grand, selon que je sois capable ou non, en nombre ou pas, d’être la cause des effets qui jalonnent mon existence. Gouverner un tant soit peu la causalité qui nous anime nécessite des qualités, dont certaines il est vrai sont naturelles et en cela le déterminisme ne s’éloigne jamais de la liberté, tandis que d’autres s’acquièrent. Connaissons déjà les premières, ce qui n’est pas une évidence, et donc toute entreprise, dont le but est la connaissance de soi, n’est pas vaine. Quant aux facultés conquises, elles sont d’ordre culturel parce que justement elles sont acquises. La culture, au sens large du terme, participe de notre liberté, de celle qui procure de la joie, tant pour l’esprit que pour le corps car nous ne sommes qu’un, et cela parce qu’elle est méritée. Cette culture de soi produit le savoir, lequel annihile la superstition et toute autre peur factice, et permet de disposer d’un sens du relatif, qu’il ne faut pas hésiter à aiguiser. En effet, l’action décidée et la conséquence nous appartenant, qui rappelons sont l’expression de la liberté, exigent une prise de risque. Mais aucun risque ne peut être pris face à une situation que l’on se représente comme absolue. Il faut bien envisager, relativiser, prévoir, pour tenter, car sans cela ce ne serait qu’un comportement inconscient que de se risquer à, soit un engagement qui là-aussi n’est pas un acte libre en y mettant  très peu de moi-même.  Le risque est admis qu’à condition qu’il y ait du possible, et non de l’irrémédiable. La possibilité, nous en sommes en partie les créateurs, car j’insiste nous ne sommes pas seuls. Je suis ainsi libre lorsque je suis le créateur des possibilités qui me permettent de décider, de faire des choix. Et ce champ des possibles, donc cette création, sera d’autant plus importante que je serais en mesure, selon ce que je suis, en tant qu’association de l’inné et de l’acquis, de m’en donner les moyens. Voilà peut-être, si ce n’est le bonheur, au moins une condition au bien-être, car est bien désagréable ce sentiment que de vivre sans choisir, ou d’être bien plus selon des choix qui ne sont pas les nôtres.

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chatoui 22/04/2015 23:37

J adore, je suis en plein dedans.

Sabine 20/08/2010 09:53


belle lecture de ces évidences qui sont aussi les miennes, entre le choix et le non choix..............merci.