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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

L'échelle du désir

Desir.jpgLe désir est un manque. Je désire ce que je ne possède pas. Mais cette sensation de manque a-t-elle une portée uniforme quelque soit la nature de l’objet désiré ? Sous-entendu, le désir inassouvi et qualifié de frustration produit-il les mêmes effets sur toute conscience insatisfaite, lui conférant ainsi un caractère universel ? Si oui, le bonheur qui anime toute personne ne consisterait-il pas à refuser tout désir afin de se prévenir contre toute privation ?
Pour tenter une réponse face à ces interrogations, il convient je pense d’identifier une graduation du désir en fonction de l’objet convoité. Sur un premier niveau sont distinguées les appétences résultant de notre
état naturel. La faim, la soif, la sécurité, la reproduction s’y trouveraient ainsi répertoriées. Non satisfaits lorsque le besoin s’en fait sentir, ces états conduisent chacun la nature humaine vers la même issue : la fin.
Viennent ensuite les besoins exogènes liés à notre appartenance à une civilisation. L’homme est en effet un animal social introduit dans un matérialisme sociétal exigeant, ce qui induit des situations de manque qu’il convient de combler pour se maintenir dans la normalité. Travailler, se déplacer, s’instruire sont autant de préceptes culturels qui, comme la nature, exigent un minimum de satiété pour se soustraire à toute marginalité.
Enfin, une fois l’appétit instinctif et social satisfaits, naît le superflu. Le désir à ce niveau n’est plus l’expression d’une contrainte à satisfaire mais le souhait d’une conscience. Je désire ce que je n’ai pas, même si je peux très bien physiologiquement et socialement vivre sans. Il n’empêche que le superflu est nécessaire parce qu’il est source de plaisir une fois le désir qu’il fait naître comblé. Le superflu est également générateur de frustration car non satisfait, il empoisonne l’existence. Mais contrairement aux besoins physiologiques et culturels, la prédominance du superflu est maîtrisable pour l’homme car c’est à lui d’en définir les limites, tout du moins en partie. Le superflu est en effet également influençable par autrui. Je désire ce que les autres désirent car par la-même c’est la reconnaissance de soi par ceux qui m’entourent qui bien souvent est en jeu.

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