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Les chemins de la culture

Les chemins de la culture

Philosophie, économie, politique, littérature, la culture rendue accessible à tous

Dieu dans tous ses états...jusqu'à sa mort

Dieu.jpgA propos de Dieu, deux conceptions s’opposent quant à son positionnement. Transcendance ou immanence ? Théisme ou panthéisme ? Etre théiste, c’est croire que Dieu n’est pas dans le monde, mais qu’il n’est pas moins le créateur de tout ce qui existe. Le Dieu théiste est également parfait, aucun défaut ne lui est opposable. Cette perfection absolue n’empêche pas de se représenter Dieu à l’image de l’homme. Orgueil de la nature humaine dirions-nous. Ou peut-être s’agit-il d’un impératif psychologique, car penser un être extérieur à nous-même, devant lequel on s’incline ou alors on quémande, nécessite une représentation. Certaines civilisations ont certes pensé Dieu comme un animal, mais c’est bien la forme humaine qui ensuite l’emporta, comme en témoigne l’histoire de l’art. Il y eut également un Dieu abstrait, celui des philosophes, Platon et Aristote en tête. Pour le premier, c’est l’Idée qui est divine, pour le second la Pensée. Mais ces abstractions, par définition, ne sont pas charnelles, et donc insuffisamment émotionnelles pour satisfaire le besoin de salut dont l’homme fait part. La religion s’y emploiera…

Le théisme, c’est aussi la culpabilité. Dieu étant extérieur à tout, il n’est donc responsable de rien. Dieu étant également perfection absolue, aucun malheur ne saurait lui être imputé. Les maux ne le concernent pas, ils sont du ressort des affaires humaines. Dieu a créé le monde, il ne le fait pas, telle est la position que conteste le panthéisme. Le panthéiste croit que Dieu est dans tout ; il est immanent. Ce positionnement se fonde sur l’idée que l’Univers étant infini, Dieu ne peut créer quelque chose qui s’ajouterait à cet infini, car l’ajout suppose que soit fini ce qu’il concerne. Tout est donc Dieu, même l’homme. Nous serions les uns et les autres déterminés par une entité préexistante. Dieu précède l’homme. Ce sens-là est cependant remis en question par Hegel. Dieu reste immanent, mais il l’est en se réalisant dans l’histoire. Autrement dit, il n’existe pas d’être supérieur qui devance tout, mais Dieu est dans le cours de l’histoire, il est l’histoire même. Ce qui se passe conduit à le déterminer. L’immanence mène à la transcendance. La dialectique hégélienne dépasse ainsi l’opposition entre théisme et panthéisme. Dieu n’est plus un passé originel auquel il faut se conformer, avec la morale pour guide et la tradition comme gardienne. Dieu est devenu un projet ; avec Hegel, il est l’avenir. Passé avec la transcendance, présent avec l’immanence, futur avec l’immanence vers la transcendance, voilà Dieu dans tous ses états, sauf un : celui d’être mort. Nietzsche parmi d’autres s’en chargera.

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Maiten Court 17/06/2011 23:12


Merci d'arreter vos envois intéressants certes mais trop nombreux pour mon rmploi du temps. Merc pour ce gros travail. Maïten